Dans le Cantal aussi... La légitime colère des Policiers !

, par Udfo15

Dans le cadre d’une journée nationale d’actions syndicales, les policiers du commissariat d’Aurillac se sont rassemblés devant la direction départementale de la sécurité publique du Cantal et ont remis au Directeur Départemental la motion ci-dessous.

Rassemblés devant les préfectures de région les 22 octobre & 5 novembre 2013 à l’appel du syndicat majoritaire UNITE SGP POLICE-FORCE OUVRIERE, les Policiers nationaux se mobilisent à nouveau ce 22 janvier 2014 en se regroupant devant les directions départementales de la sécurité publique implantées sur l’ensemble du territoire. Les agents ont entendu les raisons qui motivent les rassemblements et adhèrent aux mouvements de protestation organisés par UNITE SGP POLICE-FORCE OUVRIERE.

Les raisons de la colère sont multiples : elles correspondent à un « ras-le-bol » accumulé au cours de ces dernières années en raison de conditions de travail de plus en plus pénibles liées à un manque de moyens évident ; et à une sorte de continuité des comportements et méthodes par les responsables politiques actuels.

Pour subir jour après jour :

 les conséquences du démantèlement méthodique des effectifs de police amorcé à partir de 2007 sous l’effet de la Réduction Générale des Politiques Publiques (RGPP),

 un manque de moyens matériels dans tous les domaines, certains personnels évoluant parfois dans des structures immobilières inadaptées et à la limite de l’insalubrité,

 une pression hiérarchique constante motivée par « une politique du chiffre » dévastatrice qui se poursuit inlassablement,

les conditions de travail des personnels continuent à se détériorer.

Pour compenser les effets de manque d’effectif l’administration a notamment recours aux heures supplémentaires et aux reports de repos.

Dans le cas des reports de repos et en particulier de leur compensation, comment accepter d’être maintenu au travail si l’administration refuse la juste reconnaissance de la valeur d’un repos de cycle ou hebdomadaire ?

Dans quelle profession les salariés ne bénéficient-ils pas de récupérations majorées ou de rémunérations majorées lorsqu’ils sont employés sur leur repos cyclique ou hebdomadaire ?

Afin de compenser au plus bas, à l’appui d’une restitution « temps pour temps » des jours de repos hebdomadaire ou cyclique, le Ministre de l’Intérieur avance la difficulté de textes incomplets. Une réponse qui ne peut évidemment convenir au problème posé, d’autant que la valeur de compensation du repos légal et compensateur est bien établie.

Les policiers nationaux attendent un réveil des consciences et pas seulement les effets d’annonce d’un soutien ministériel en décalage flagrant avec les actes.

En l’état, le budget de la police nationale pour 2014 est quasiment stable par rapport à 2013 et ne correspond pas aux attentes, principalement :

 en matière de recrutements pour 2014 (405 nouveaux emplois de policiers/gendarmes) au lieu des 500 promis par le Président de la République, à ce rythme il est impossible de réparer les dégâts de ces dernières années

 en matière de crédits de fonctionnement

Dans ce contexte budgétaire décevant, les mesures catégorielles ne sont pas épargnées.

Déjà en 2008, les prétendues avancées (allocation maîtrise et ISSP) avaient été autofinancées au moyen d’un protocole d’accord scandaleux basé sur la diminution des effectifs de police et le recul des acquis portant sur les 35 heures.

 En 2014, et pour la première fois, l’Etat baisse l’indemnité de sujétions spéciales police de plus de 50% pour les plus jeunes policiers.

 A l’instar de 2013, l’Etat reconduit une mise en œuvre tardive des mesures indiciaires de l’équivalence catégorie B obtenues en 2010 par UNITE SGP POLICE.

A cela s’ajoute une politique nationale qui fait le choix délibéré de l’austérité pour les fonctionnaires. Le gel du point d’indice fonction publique bloque durablement toute progression des salaires par rapport à la cherté de la vie, et instaure une perte d’achat sans précédent.

Enfin, la mise en application d’une nouvelle réforme des retraites en vigueur au 1er janvier 2014 allongera la durée de cotisation et reculera de fait l’âge de départ à la retraite.

-  Avant 2003, un policier recruté à 20 ans pouvait prétendre à un départ à la retraite à taux plein à 52 ans
-  En 2014, un policier recruté à 20 ans prétendra à un départ à la retraite à taux plein à 58 ans

A partir de ce constat, quelle est la valeur exacte de la bonification retraite (5 ans) au fil des réformes qui s’empilent ?

En somme :

-  Des conditions de travail sans cesse dégradées sous l’effet du manque d’effectif et de moyens

-  Une conception des missions privilégiant la rentabilité au moyen d’une « politique du chiffre » qui se poursuit, au détriment de la qualité et de l’efficacité de la lutte contre la délinquance

-  Des reports de repos et des compensations pénalisant les personnels, en fait « la double peine » professionnelle et sociale

-  Une 4ème année consécutive de gel du point d’indice

-  Une réforme des retraites allongeant à nouveau la durée de cotisation et concrétisant un nouveau recul de l’âge de départ à la retraite

-  Une diminution de l’Indemnité de sujétions spécifiques police pour les élèves-policiers

-  Une mise en œuvre de la tranche 2014 de l’équivalence indiciaire catégorie B retardée

Enfin, UNITE SGP POLICE-FORCE OUVRIERE dénonce le port du matricule RIO qui ne fera qu’accentuer le soupçon à l’égard de la police nationale, là encore le Ministère de l’Intérieur a gâché une occasion de poser le véritable débat des rapports police/population et de leur rapprochement.

UNITE SGP POLICE-FORCE OUVRIERE dit ASSEZ ! et réclame le rétablissement d’un dialogue social constructif et respectueux des représentants du personnel.

SYNDICAT UNITE SGP POLICE-FORCE OUVRIERE

Mercredi 22 janvier 2014